Rabbi Menachem Menashe zt'l
Extraits du livre "Toldot Menashe" consacré au Tzadik caché Rabbi Menachem Menashe, écrits par son petit-fils, Rabbi Yosef Shabtai (avec sa permission)
- Les premières années
- Immigration dans Jérusalem
- Le perturbateur
- Diverses histoires
- R. Yehuda Fetaya
- Rencontre avec Baba Sali
- Une seule chose peut sauver votre fils
Les premières années
Rabbi Menachem Menashe naquit en Turquie en 1892. En 1903, son père mourut, le laissant avec sa mère et ses quatre frères. Il étudia la Torah auprès des sages de Bursa et, par la suite, auprès des sages d’Istanbul, parmi lesquels Rabbi Shlomo Eliezer Alfandri, connu sous le nom de « saint Saba ». En 1911, il épousa Esther Jerez, fille d’une famille de philanthropes d’Andrinople.La famille Menashe descendait de Juifs expulsés d’Espagne qui s’étaient installés en Turquie, en Grèce et dans d’autres endroits.
Selon R. Yehuda Patilon : « Jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale éclate, la Turquie était remplie de Chachamim (érudits en Torah) dont l’assiduité dans l’étude de la Torah était extraordinaire. La grande majorité d’entre eux trouvèrent la mort sur leurs dafei gemarah (pages de Guemara), alors qu’ils étudiaient la Torah, acceptant le décret (matzdikim hadin) en raison de la terrible famine qui y éclata à cause de la guerre (1er Guerre mondiale)… »
Istanbul était une grande ville remplie de chachamim (érudits en Torah), de tzadikim, de chassidim (hommes d’une piété extrême) et de kabbalistes. R. Menashe fut attiré par l’étude de la Torah dès son plus jeune âge, et tout particulièrement par l’étude de la Kabbale..
À l’âge de 20 ans, il fut enrôlé dans l’armée ottomane, un an avant le déclenchement de la 1er Guerre mondiale. La situation dans l’armée était très difficile. Il fallait déployer des efforts surhumains pour respecter la cacherout, et il lui arrivait souvent de ne manger que du pain sec, voire de souffrir littéralement de la faim.
Pendant son service militaire, il devint le rabbin officieux d’un groupe de Juifs et fit de son mieux pour les renforcer et leur enseigner la Halakha (loi juive). Il était « melumed b’nissim » (fréquemment entouré de miracles). Lorsque la Première Guerre mondiale éclata (à Tisha BeAv 5674), tous ses élèves vinrent le trouver, remplis de crainte face à ce qui allait arriver.
Il leur promit qu’au moment où ils entreraient sur le champ de bataille, s’ils récitaient constamment les versets : « Écoute, Israël : l’Éternel est notre Dieu ; l’Éternel est Un » (Shema Israël, Deut. 6:4) et « Béni soit… (Baroukh Shem Kevod…) », « Du sein de ma détresse, j’ai invoqué Dieu ; Dieu m’a répondu et m’a délivré » (Min Hametsar Karati, Psaumes 118:5), « De grâce, Éternel, sauve-nous ; de grâce, Éternel, donne-nous la réussite » (Ana H’ Hoshia Na…, Psaumes 118:25), « Vois mon affliction et délivre-moi, car je n’ai pas oublié Ta Torah ; Défends ma cause et rachète-moi ; par Ta parole, donne-moi la vie » (Psaumes 119:153-154), — alors aucun mal ne leur arriverait et ils rentreraient chez eux sains et saufs.
Et c’est ainsi qu’il advint : tandis que les soldats turcs autour d’eux tombaient comme des mouches, tous ses élèves juifs revinrent de la guerre sains et saufs.
Quelques récits tirés du livre de son petit-fils :
L’armée turque était alors remplie de musulmans croyants pour lesquels boire du vin était interdit. Un vendredi soir, l’un des officiers surprit Rabbi Menashe avec du vin qu’il avait fait entrer clandestinement pour le kiddouch (bénédiction du Chabbat sur le vin). L’officier, fou de rage, rassembla tous ses soldats et leur ordonna de le battre sauvagement. Ils frappèrent R. Menashe sur tout le corps jusqu’à ce que le sang couvre le sol, et même alors, l’officier lui marcha dessus avec sa chaussure à crampons.
Ensuite, les soldats juifs le portèrent jusqu’à son lit, lui donnèrent de l’eau et soignèrent ses blessures jusqu’à ce qu’il commence à se rétablir. Il demanda alors aux soldats de découvrir le nom de l’officier ainsi que le nom de sa mère. Cette nuit-là, ils obtinrent les noms, et il pria selon ce qu’il pria. Plus tard dans la nuit, l’officier mourut d’une mort terrible et douloureuse. Tous les soldats de la base attribuèrent sa mort à ce qu’il avait fait à R. Menashe, et il y eut un grand Kiddoush Hachem (sanctification du Nom de Dieu).

Malgré les journées éprouvantes passées dans l’armée, R. Menashe n’abandonna pas son étude quotidienne de la Torah. Malgré le règlement de la base stipulant qu’après 22 heures, toutes les bougies devaient être éteintes sous peine de lourdes sanctions, il allumait néanmoins une petite bougie à côté de son lit et étudiait la Torah jusqu’à l’heure la plus tardive possible. Ses camarades soldats s’effondraient généralement sur leur lit et s’endormaient avant 22 heures, et ne prêtaient guère attention à ce qu’il faisait.
Une nuit, un certain officier entra dans la chambre pour une raison quelconque et le vit assis en train d’étudier à la lumière de la bougie. Fou de rage, il leva le bras pour le frapper, mais son bras se figea immédiatement et il se mit à crier de douleur. Ses cris réveillèrent tout le monde autour de lui. Soldats et officiers accoururent rapidement, y compris le commandant de la base militaire, pour voir ce qui s’était passé. Ils trouvèrent R. Menashe qui continuait son étude tandis que l’officier se tenait au-dessus de lui, le bras tendu et figé, criant de douleur. L’officier expliqua qu’au moment où il était venu le frapper pour avoir allumé une bougie, son bras s’était figé et que la douleur avait commencé. Les officiers demandèrent à R. Menashe ce qui se passait.
Il leur répondit : « Nous, les Juifs, avons accepté la Torah du Créateur du monde, et il est de notre devoir de l’étudier jour et nuit. Et puisque durant la journée je suis soumis à votre travail, je suis donc obligé de compléter mon étude la nuit, et cette petite bougie n’est pas visible de l’extérieur et ne dérange personne. Si cet officier veut m’empêcher d’accomplir mon devoir d’étudier la sainte Torah, le Donateur de la Torah l’en a empêché, et vos reproches ne doivent donc pas être dirigés contre moi. »
Le commandant du camp fut très impressionné par ce que ses yeux voyaient et ses oreilles entendaient. Il dit à R. Menashe qu’à partir de ce jour, il serait autorisé à étudier à la lumière d’une bougie toute la nuit, comme il le souhaitait, mais le pria de guérir l’officier. R. Menashe leva les yeux et pria : « Maître du monde, je Te prie, fais-le pour la sanctification de Ton Saint Nom et guéris cet officier. » Immédiatement, son bras se libéra et ses douleurs cessèrent.

Un jour, un groupe de soldats, parmi lesquels se trouvait R. Menashe, fut envoyé par bateau dans une autre région. Une tempête éclata, qui brisa et fit couler le bateau qui les transportait. Faute de bateaux de sauvetage, de nombreux soldats se noyèrent. Avant de perdre connaissance dans l’eau, R. Menashe réussit à dire : « Shema Israël… » et pria : « Maître du monde, j’accepte Ton décret avec amour, mais sauve-moi pour le mérite de ma mère, qui sera très peinée par ma mort. » Quelques secondes plus tard, un grand requin de plusieurs mètres de long surgit sous R. Menashe, le transporta et le projeta à l’endroit où les bateaux de sauvetage récupéraient les soldats. Les sauveteurs le sortirent de l’eau et tentèrent de le ranimer, mais abandonnèrent rapidement. Ils déposèrent son corps dans la zone réservée aux morts. Quelque temps plus tard, l’un des médecins l’entendit haleter. Immédiatement, il appela d’autres personnes, qui le suspendirent la tête en bas et lui frappèrent le dos jusqu’à ce qu’il expulse l’eau de ses poumons et que sa respiration revienne…

Le chef de la base militaire avait une fille qui tomba amoureuse de R. Menashe. Chaque jour, elle essayait de le séduire pour qu’il couche avec elle, par ses paroles et ses gestes. R. Menashe fermait les yeux et les oreilles et luttait contre son penchant. Cela continua jour après jour, et elle le désirait de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle tombe malade et reste alitée. Elle dit à son père qu’elle était amoureuse de R. Menashe et qu’elle voulait l’épouser. Le chef demanda rapidement à R. Menashe de l’épouser. R. Menashe vit qu’il n’y avait aucune issue et s’enfuit de la base militaire pour retourner chez lui à Istanbul, où se trouvaient sa femme et son fils. Le chef envoya des soldats à sa recherche. Les soldats arrivèrent à la maison où il se cachait et, pris de court, il n’eut pas le temps de s’enfuir. Il se cacha sous un lit. Bien qu’il sût qu’ils chercheraient sous le lit, faute d’une autre cachette, il s’y dissimula et murmura constamment pour lui-même le verset : « Et les hommes qui étaient à l’entrée de la maison, ils les frappèrent de cécité, petits et grands, et ils s’épuisèrent en vain à chercher l’entrée » (Gen. 19:11).
Il fit un grand vœu au Dieu d’Israël que, si Dieu le sauvait, il se rendrait immédiatement en Terre Sainte d’Israël. Lorsque les soldats arrivèrent au lit et le soulevèrent, miraculeusement, ils ne virent rien et repartirent. Immédiatement, R. Menashe commença à accomplir son vœu : il prit sa femme et son fils et loua une charrette pour les conduire jusqu’à la frontière libanaise. En chemin, il vit la charrette du chef militaire qui se dirigeait vers lui. Il pria immédiatement Dieu de lui venir en aide et eut soudain une vision de Moché Rabénou, qui lui dit : « Ne crains rien, continue ton chemin, le chef militaire te dépassera et aucun mal ne t’arrivera. » Il continua sa route, et la charrette du chef militaire se rangea sur le côté. Il poursuivit jusqu’à la frontière, puis de là jusqu’à Jérusalem… C’était en 1918, vers la fin de la Première Guerre mondiale.

Immigration dans la Jérusalem d’autrefois
Lorsqu’il arriva à Jérusalem, il trouva immédiatement un travail dans un Shtieblach (petite synagogue) et vécut avec sa femme et son fils dans une très grande pauvreté et dans de grandes difficultés, dans le quartier de « Beit Yisraël ».Son petit-fils témoigna de nombreuses années plus tard : « Ma grand-mère savait apprécier sa valeur, ses actions, sa Torah, sa sainteté… C’est ici le lieu de préciser que durant les huit années où j’ai vécu avec eux, jour et nuit, je ne les ai jamais entendus se disputer ni élever la voix l’un contre l’autre. Toutes leurs paroles étaient empreintes d’amour, d’affection et de calme. D’après ce que j’ai compris, c’est ainsi qu’ils se comportèrent toute leur vie, y compris durant les périodes les plus difficiles. »

Son deuxième fils, Nissim, grandit dans la Torah et dans la crainte du Ciel, comme son père le souhaitait. Lorsque Nissim eut environ 18 ans, des Arabes le poursuivirent avec des couteaux dégainés. Il leur échappa en courant jusqu’à ce qu’il s’évanouisse et perde connaissance. Son foie se rompit (soit parce qu’ils l’avaient poignardé, soit à cause de sa fuite précipitée). Quelques jours plus tard, il mourut. Pendant des mois, R. Menashe pleura sa perte et refusa de se laisser consoler. Un jour, alors qu’il était seul chez lui, il pleura et cria : « Nissim, où es-tu ?! »
Et voici que, tout à coup, son fils lui apparut alors qu’il était parfaitement éveillé et lui dit : « Père, ne sois pas peiné à cause de moi. Je suis assis dans un bon endroit au Gan Eden. J’ai achevé mon Tikoun (rectification) dans ce monde et je n’ai plus rien à y chercher. » Lorsque R. Menashe comprit qu’il s’agissait bien de son fils qui se tenait devant lui, il se calma et lui demanda d’obtenir la permission du tribunal céleste de venir à lui chaque fois qu’il l’appellerait, et également de répondre à ses questions concernant les choses du monde à venir. Nissim revint et lui annonça qu’on lui avait accordé cette permission. Dès lors, R. Menashe l’appelait de temps à autre afin de s’entretenir avec lui de sujets concernant les mondes supérieurs…

Un jour, alors que R. Menashe se rendit tard dans la nuit au Shtieblach, comme il en avait l’habitude, il ouvrit la porte et vit un démon qui se tenait à l’intérieur. Le démon grinça des dents et tenta de lui faire du mal. Comme il était seul et qu’il faisait nuit (moment où il est interdit de les affronter), il s’enfuit et se rendit chez Rabbi Shimshon Polonsky, un grand érudit en Torah et le rabbin du quartier[1], qui étudiait à ce moment-là, et lui raconta ce qui s’était passé. Immédiatement, le rabbin se leva et l’accompagna à la synagogue. Il vit que le démon s’y trouvait toujours. Comme ils étaient deux, ils chassèrent le démon de l’endroit.
Rabbi Shimshon (photo à droite) comprit alors que R. Menashe était un érudit en Torah caché et s’abstint de faire usage de ses services. Il commença à l’honorer publiquement. R. Menashe craignait cet honneur plus que le démon. Il partit chercher du travail ailleurs, dans un endroit où les gens ne lui accorderaient absolument aucun honneur. Il choisit notamment le métier de forgeron, une profession dans laquelle il était expert.R. Menashe ouvrit un atelier de métallurgie et y travailla.
Son petit-fils raconte une histoire : « Grand-père me raconta : “Près de mon atelier se trouvait un autre atelier de métallurgie. Un jour, alors que je me tenais dans mon atelier, je vis clairement un client qui commençait à s’intéresser aux marchandises exposées à l’entrée de mon atelier. Soudain, le propriétaire de l’autre atelier apparut, s’approcha du client et l’incita à venir avec lui pour acheter chez lui. Le client partit effectivement avec lui. Je décidai de ne pas réagir du tout ce jour-là et d’attendre le lendemain pour parler calmement au propriétaire de l’autre atelier afin de lui expliquer son erreur et son comportement [inapproprié]. Le lendemain, je me rendis chez lui et commençai à lui parler de l’incident de la veille. Je fus surpris d’entendre de sa bouche que, la veille, il n’avait absolument pas ouvert son atelier de toute la journée et qu’il avait été occupé à d’autres affaires.” »
Grand-père me dit : « Je le crus et fus certain qu’il s’agissait d’une sorte d’illusion (achizat einayim) provoquée par le côté du Sitra Achra (les forces du mal) afin de me mettre à l’épreuve et de voir si je me mettrais en colère. Grâce à Dieu, je résistai à l’épreuve. »

À cette époque, une guerre interne amère faisait rage en Israël entre les Juifs sionistes laïcs et les Juifs religieux. Les sionistes voulaient un État laïc et non religieux et luttaient avec acharnement pour déraciner la Torah de la Terre d’Israël.
Lorsque R. Menashe vit la situation terrible qui régnait en Israël et l’importante immigration de Juifs, dont beaucoup étaient ignorants de la Torah et vulnérables, il décida d’essayer d’améliorer la situation. Il mit en place des cours de forge pour les jeunes et leur enseignait la Torah le soir. Il allait également de quartier en quartier pour donner des cours hebdomadaires de Torah, en particulier le Chabbat. Les gens étaient attirés comme par un aimant par le Tsadik. Il se consacra entièrement à la communauté et ouvrit un centre d’étude de la Torah et de prière appelé « Chevrat Ahavat Chaim ». Finalement, des centaines de personnes assistèrent à ses cours hebdomadaires, et il sauva de nombreux Juifs de devenir victimes des sionistes laïcs et de leurs programmes antireligieux.
Le perturbateur
Son petit-fils se souvient : lorsque grand-père donnait un cours hebdomadaire à la synagogue « Shauli » à Jérusalem, la synagogue était entièrement remplie d’un bout à l’autre par des auditeurs qui aimaient l’écouter.En face de la synagogue habitait un Juif laïc qui profanait publiquement le Chabbat et haïssait les personnes religieuses. Ses enfants étaient éduqués par le kibboutz « Hashomer Hatzair », et le cours de grand-père était comme une épine dans son œil.
Un Chabbat, pendant le cours, il mit sa radio à plein volume afin de perturber le cours. L’assemblée, irritée par cette provocation délibérée, voulut se lever au milieu du cours pour lui donner une leçon. Grand-père les supplia instamment de l’ignorer complètement, même après le cours.
Cet homme, qui attendait une réaction énergique et se préparait à une confrontation, fut déçu. Le Chabbat suivant, il recommença les mêmes perturbations, et l’assemblée en colère fut contrainte de se retenir, à la demande de grand-père. Cela continua pendant plusieurs semaines.
Lorsque l’homme vit que ses perturbations ne produisaient aucun effet, il descendit à la synagogue et grand-père demanda à l’assemblée de faire une place à cet homme afin qu’il puisse s’asseoir à côté de lui. Lorsque l’homme s’assit, il commença à harceler grand-père avec des questions telles que : « Qui dit qu’il existe un Juge et un Jugement après la mort ? Vous trompez ces gens simples qui n’ont pas eu le mérite de recevoir les lumières de l’éducation moderne (Haskala), comme moi, et vous leur vendez des histoires fantastiques qu’il est impossible de prouver ! »
La foule furieuse pensa que le moment était enfin venu de mettre un terme à ses provocations et de le mettre en pièces comme un poisson. Mais grand-père les arrêta d’un geste de la main et sourit. Il commença à répondre à ses questions une par une et à lui démontrer qu’il existe un Juge et un Jugement. Il lui cita, par exemple, des histoires vécues de personnes qui avaient commis certains péchés des années auparavant et qui, récemment, avaient été frappées par des malheurs correspondant, mesure pour mesure, à leurs péchés. Il lui raconta bien d’autres choses dans ce même esprit. Concernant également la vie après la mort, grand-père lui répondit par des exemples et des preuves intéressants.
Cet homme qui se considérait comme « éclairé » vit peu à peu sa confiance dans son « éducation » vaciller et baissa la tête. Il resta jusqu’à la fin du cours. Le Chabbat suivant, il fut parmi les premiers à arriver et attendit l’arrivée de grand-père. Finalement, il devint un élève assidu et fit Téchouva (repentance). Quelques mois plus tard, il commença à étudier dans d’autres endroits, même en semaine, jusqu’à ce qu’il décide de réparer ses actions en œuvrant au bénéfice du public. Il eut le mérite de retirer ses fils du kibboutz et de les ramener à une Téchouva complète (repentance). Il devint un conférencier apprécié sur les sujets juifs. Au fil des années, il eut le mérite d’être utile au public, tout comme deux de ses fils, l’un en Israël et l’autre à New York…
Son petit-fils dit : « Grand-père n’a jamais reçu d’argent pour ses cours. Il faisait cela entièrement lichema (pour Dieu). Il parlait souvent de l’obligation d’étudier la Torah et du fait que personne n’en est exempté… Pourtant, chez lui, il n’y avait pas beaucoup de livres. Néanmoins, outre les paroles de Torah et de halakha qu’il enseignait dans ses cours, de nombreuses personnes lui posaient des questions de halakha (loi juive). Après une brève réflexion, il leur répondait et exposait un vaste éventail de lois et de coutumes se rapportant à leur question. J’ai également remarqué qu’il était souvent plongé dans ses pensées pendant de longs moments. En grandissant, j’ai compris que, lorsqu’il était ainsi plongé dans ses pensées, il révisait par cœur son étude de la Torah ou accomplissait une sorte de yihoudim (unifications kabbalistiques de Noms saints), grâce à la mémoire phénoménale dont il avait été doté. »

Diverses histoires
« De nombreuses fois, j’ai voyagé avec grand-père dans des bus interurbains. Il essayait toujours de s’asseoir à l’arrière du bus et, dès qu’il s’asseyait, il fermait les yeux et se plongeait dans ses pensées. Bien qu’il ne m’ait jamais expliqué la raison, j’avais compris que c’était pour préserver ses yeux, chose à laquelle il était extrêmement vigilant. Ainsi, en s’asseyant au dernier rang du bus, les voyageurs ne passent pas devant lui pour rejoindre leur place et, généralement, descendent avant lui et montent après lui. »
« Depuis le jour où j’ai connu grand-père, toute sa manière de manger était lechem chamaïm, et sa table était comme un mizbéa'h (autel). Pendant la semaine, les jours où il ne jeûnait pas, il réduisait au minimum son alimentation et la plupart de ses repas se composaient de pain et de poisson, ou de pain et de tehina… Pour ses nombreux déplacements, il emportait du pain sec qui se conservait longtemps. Il trempait ce pain sec dans du thé ou de l’eau, et c’était là tout son repas, ou du moins l’essentiel de celui-ci. Lorsqu’il se sentait faible, il mangeait de la soupe de poulet avec des légumes. Quant à la viande de poulet elle-même, il la mangeait le Chabbat. Jamais, pendant la semaine, il ne mettait de nourriture dans sa bouche sans dire, avant presque chaque morceau ou chaque cuillerée de soupe : “lechem chamaïm” ou “pour Son service, béni soit-Il (léAvodato Yitbarakh)”, ou “Dans toutes tes voies, reconnais-Le” (Prov.3:6), ainsi que d’autres paroles similaires. »

Une histoire bien connue circulait dans la famille au sujet de grand-mère qui, un jour, se réveilla après minuit et vit dans la pièce des flammes de feu. Elle eut très peur et cria : « Menachem, où es-tu ?! »Grand-père se rendit immédiatement auprès d’elle et la calma en lui montrant que tout était normal. Lorsqu’elle insista en disant qu’elle avait vu du feu dans la pièce et que ce n’était pas le fruit de son imagination, il lui dit : « Heureuse es-tu d’avoir vu cela, mais n’en parle à personne. »
D’après mon souvenir, il lui dit qu’il s’agissait d’Eliyahou Hanavi. Le matin, elle raconta cela à ses fils, puis grand-père lui demanda de garder le silence à ce sujet. À partir de ce moment-là, on n’entendit plus rien de sa part ni de celle de grand-mère, ni confirmation ni contradiction de cette histoire.

Grand-mère souffrait d’une maladie cardiaque depuis de nombreuses années. À de nombreuses reprises, elle fut au bord de la crise cardiaque. La plupart de ces incidents se produisaient la nuit. Je courais alors chez le Dr Cohen et lui criais de venir. (Il venait avec sa voiture, même le Chabbat, en raison du danger de mort, puis retournait chez lui en voiture par crainte d’être appelé auprès d’un autre malade.)
Mais grand-père se levait immédiatement pour prier et mettait de côté de l’argent pour des pidyonot (rachats) destinés à la tsédaka (charité). Lorsque le Dr Cohen arrivait, il disait presque toujours qu’elle avait subi une légère crise cardiaque et, grâce à Dieu, une fois qu’il était arrivé, la crise était passée et il lui administrait des médicaments.
Une fois, grand-mère eut une crise cardiaque pendant la journée, alors que grand-père se trouvait hors de la ville. Le médecin dit que la crise était grave et qu’elle devait être hospitalisée. Elle fut hospitalisée à l’hôpital « Bikur Cholim », au centre de Jérusalem. Ma mère nous demanda de ne rien dire à grand-père jusqu’à ce qu’elle puisse elle-même lui annoncer la situation calmement. Mais lorsque grand-père revint à Jérusalem, il se rendit immédiatement auprès de ma sœur et lui demanda dans quel hôpital se trouvait grand-mère. Lorsque ma sœur vit qu’il connaissait déjà sa situation, elle lui donna le nom de l’hôpital. Grand-père s’y rendit immédiatement et fit pour elle des kaparot avec de l’argent au-dessus de sa tête (comme avant Yom Kippour), puis se tint en prière et en supplications pour sa guérison, comme il en avait l’habitude dans des cas similaires lorsque cela se produisait tard dans la nuit. Immédiatement, le danger passa et les médecins la laissèrent rentrer chez elle.

R. Yehuda Fetaya
En 1934, « un lion monta de Bavel », à savoir le célèbre kabbaliste R. Yehuda Fetaya. Immédiatement, grand-père devint son élève et son bras droit. Il s’attacha également avec affection à ses élèves kabbalistes, parmi lesquels les deux grands luminaires, R. Solomon Mutzafi et R. Avraham Barzani.Il se joignait à eux dans divers tikounim (rectifications) sur les tombes des tsadikim et lors de hakafot (prières spéciales). Comme eux, il consacrait également du temps à tous les pauvres et les démunis qui venaient demander de l’aide, des conseils, de l’argent et des prières. Bien que grand-père n’ait jamais utilisé de kameot (amulettes), beaucoup furent néanmoins sauvés par le pouvoir de ses prières après avoir fait une téchouva (repentance) complète...
Des femmes se joignaient également aux pèlerinages sur les tombes des tsadikim. Bien que grand-père fût fermement opposé à ce que les femmes entrent dans les cimetières en quelque circonstance que ce soit, même lors de ces déplacements, les femmes n’entraient pas dans les cimetières et priaient depuis l’extérieur. Pour les tombes des tsadikim qui ne se trouvaient pas dans des cimetières, il les encourageait à venir prier lorsqu’elles n’étaient pas dans les jours de niddah. Car les prières des femmes sont souvent davantage reçues, puisqu’elles ne sont pas concernées par les deux fautes graves, à savoir le gaspillage de la semence et le bitoul Torah. C’est pourquoi il organisait des places assises séparées lors du déplacement, afin de ne pas perdre davantage que ce qui était gagné..

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande atteignit « El-Alamein », en Égypte, et l’on savait déjà que son intention était de se rendre en Syrie, puis de là en Israël, afin de massacrer tous les Juifs. Elle avait déjà conclu un pacte avec le mufti arabe de Jérusalem, Hajj Amin Al-Husseini, ym’’sh, qui formait des membres arabes des S.S. pour accomplir cette tâche. Ce fut une période très difficile pour le peuple juif. Le saint kabbaliste, R. Yehuda Fetaya, rassembla la communauté pour des prières spéciales. Il la divisa en quatre groupes et les envoya aux quatre coins de Jérusalem afin qu’ils se tiennent debout et prient selon l’ordre des hakafot des « sept alliances » qu’il avait composées.
À la tête de l’un des quatre groupes, il plaça grand-père. Après la prière, R. Yehuda Fetaya demanda que l’on fasse venir grand-père et, devant toutes les personnes présentes, il dit : « Vos prières ont aujourd’hui eu un effet. Elles ont désorienté le Sar (ange) de Hitler, faisant remplacer le mot “Syrie” (סוריה) par “Russie” (רוסיה), et c’est là qu’il tombera. »
Quelques jours plus tard, le saint kabbaliste, Rabbi Yaakov Abuchatzeira, apparut en rêve à R. Yitzchak Alfiyah et lui dit de venir avec une communauté (kehal) sur sa tombe à Damanhur, en Égypte, et de prier au sujet de la situation. R. Yitzchak arriva en Égypte par des miracles et rassembla une communauté qui pria avec lui sur la tombe de R. Yaakov Abuchatzeira. Ils prièrent beaucoup et, le troisième jour de leurs prières, l’armée allemande fut vaincue à « El-Alamein ».
À la suite de l’invasion de l’Union soviétique, utilisant la tactique de la Blitzkrieg, l’armée allemande s’enfonça profondément en Russie. Cependant, elle le fit en s’appuyant sur des lignes de ravitaillement très lentes et excessivement étendues. Ces lignes de ravitaillement entravèrent l’avancée allemande et finirent par entraîner une grave pénurie de ravitaillement sur la ligne de front. Cela, ajouté à l’immensité du territoire russe, à l’hiver froid, au terrain difficile et aux avancées soviétiques décisives, transforma la situation en piège mortel pour l’armée allemande. Il en résulta de lourdes pertes pour l’armée allemande et des défaites massives. En effet, la majorité des pertes militaires allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale eurent lieu sur le front russe[2].

Rabbi Yehuda Fetaya recevait des personnes chaque matin après la prière du matin à la synagogue Musayif, dans le quartier des Boukhariens à Jérusalem. Il les traitait en écrivant des amulettes, en leur donnant des bénédictions ou par des moyens similaires. Beaucoup de personnes furent sauvées grâce à lui. (Après son décès, R. Yitzchak Kaduri prit sa place.) Sa réputation de faiseur de miracles se répandit et ses amulettes étaient renommées (même le saint cordonnier, R. Moshe Yaakov Ravikov, portait constamment une amulette de Rabbi Yehuda Fetaya).
Un jour, un Juif du nom de Shasha vint le consulter. Il souffrait de gros calculs dans les testicules et, chaque fois qu'il urinait, il hurlait de douleur. Il cherchait un remède. Rabbi Fetya posa sa main sur son pantalon et récita le verset : « Tu ne garderas pas dans ta bourse deux pierres différentes… » (Deutéronome 25:13), avec certaines intentions kabbalistiques, puis lui dit d'aller uriner. Il se rendit aussitôt aux toilettes et, en urinant, tous les calculs se dissolvèrent et furent éliminés avec son urine ; il fut guéri.
Un jour, un certain homme vint le trouver, incapable d'avoir des enfants. Il pleurait et désirait mériter d’avoir un fils. Après avoir insisté à plusieurs reprises, R. Fetaya le bénit en lui disant que le mois suivant, il mériterait d’avoir un fils. Quelques mois plus tard, l’homme revint auprès de R. Fetaya en lui demandant : « Où est votre bénédiction ? Ma femme n’est toujours pas enceinte. » Immédiatement, R. Fetaya ferma les yeux et, lorsqu’il les rouvrit, il lui dit : « Rashah (homme pervers), tu as donné ma bénédiction à une femme arabe avec laquelle tu as fauté dans un hôtel. » L’homme baissa le visage de honte et partit.

Après la guerre des Six Jours, je proposai à grand-père de faire des hakafot dans la grotte des prophètes Haggai, Zacharie et Malachie, sur le mont des Oliviers. Grand-père accepta, en informa le public, et nous rassemblâmes plusieurs minyanim. Après les hakafot, grand-père me dit que les prophètes Haggai et Malachie avaient prié avec nous. Je lui demandai : « Et qu’en est-il de Zacharie ? » Il me répondit qu’il n’était pas certain qu’il y soit enterré...

Rencontre avec Baba Sali
Mon père était un proche ami de Rabbi Yisrael Abuchatzeira (Baba Sali) et de son fils, Rabbi Meir Abuchatzeira. Après le décès de ma mère, Baba Sali organisa pour mon père une houppa et un kiddouchin (mariage) avec sa seconde épouse, allant jusqu’à payer de sa propre poche l’intégralité du repas de mariage. Grâce à cette amitié, j’eus le mérite d’entrer à plusieurs reprises dans la demeure sacrée de Baba Sali. Un jour où j’entrai chez lui, Baba Sali prit une bouteille vide d’« arak » et, sous mes yeux, murmura quelques paroles à la bouteille, qui se remplit d’un arak de grande qualité. Il m’en versa une grande coupe. Lorsque je lui dis que l’alcool me faisait du mal, il me promit que cela ne me ferait aucun mal. Je bus toute la coupe, qui avait le goût et l’odeur d’un arak très fort. Mis à part un léger étourdissement, je n’en ressentis absolument aucun effet nuisible.
Une seule chose peut sauver votre fils
Pendant les sept jours de deuil (Shivah) pour grand-père, un Juif craignant D.ieu, originaire de Bulgarie, vint raconter que lorsqu’il était arrivé en Israël, il ne connaissait pas grand-chose au judaïsme et avait élevé une famille complètement laïque. À l’âge de dix ans, son fils tomba malade. Après des examens médicaux, les médecins découvrirent un trou dans son cœur et estimèrent que son état était dangereux. Dans sa détresse, des amis du père vinrent le voir et lui dirent : « Va voir Rabbi Menashe et demande-lui de prier pour ton fils. » Bien qu’il fût très sceptique quant à l’efficacité de cette démarche, il le fit. Lorsque grand-père entendit parler de sa situation, il lui dit : « Une seule chose peut sauver votre fils : une téchouva (repentance) complète envers Hach-em, le D.ieu d’Israël. » Il commença à lui expliquer ce qu’étaient la Torah et ses mitsvot (commandements). Lorsque l’homme répondit qu’il était prêt à tout faire pour son fils, grand-père lui dit : « Allons prier Min’ha (la prière de l’après-midi) et, pendant la prière, prenez sur vous de jeûner demain. » Il lui montra comment prier et à quel moment accepter le jeûne. Grand-père prit également sur lui de jeûner le lendemain pour son fils.Le lendemain, l’homme revint auprès de grand-père et tous deux s’assirent dans la synagogue et récitèrent l’intégralité des Tehilim (Psaumes), mot à mot. Lorsqu’ils eurent terminé, grand-père lui dit : « Votre téchouva (repentance) a été acceptée au Ciel et votre fils est maintenant guéri. » Il courut immédiatement à l’hôpital et constata que l’état de santé de son fils semblait s’être considérablement amélioré. Il insista auprès des médecins pour qu’ils refassent les examens cardiaques, en leur disant que Rabbi Menachem Menashe lui avait promis que, grâce à sa repentance, son fils était déjà guéri. Les médecins rirent de ses paroles et le prirent pour un fou. Ils attribuèrent l’amélioration de son fils aux médicaments. Ils lui expliquèrent que les médicaments ne guérissaient pas le cœur, mais ne faisaient que traiter les effets secondaires de la maladie, et que son fils était toujours en danger de mort. Ils lui dirent qu’il devait trouver un moyen de faire transporter son fils pour une opération à haut risque [avec des spécialistes] en dehors d’Israël.
Mais lorsque le père resta fermement décidé à retirer son fils de l’hôpital et à le ramener chez lui, les médecins acceptèrent de refaire un examen de son cœur et furent stupéfaits de constater que tout était normal. Ce fut un grand kidouch Hach-em aux yeux de tout le personnel de l’hôpital, et le père ainsi que toute sa famille firent téchouva (repentance) et revinrent vers le D.ieu d’Israël, entre les mains duquel se trouvent tous les êtres vivants.
R. Menachem Menasheh décéda à Jérusalem le 12 Eloul 5728 (1968). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Ahavat Chaim », qui contient des sermons, des halakhot et des récits sur les sections hebdomadaires de la Torah.
Voir le livre « Toldot Menachem » de R. Yosef Shabtai (son petit-fils) pour beaucoup plus de détails.
(note : R. Shabtai ne m’a donné l’autorisation que pour la version de cette série destinée au site Internet. Il m’a demandé de ne pas inclure cette section dans la version imprimée de cette série.)
R. Yosef Shabtai (Shani) possède une chaîne YouTube (en hébreu) qui contient des récits sur les nombreux tsadikim qu’il a rencontrés ainsi que des paroles de Torah.
Notes
- [1]
L’auteur du livre écrit (p. 122) : Rabbi Ben Tzion Abbah Shaul zt’l me raconta un jour que, lorsqu’il était un jeune avrekh (étudiant de kollel), il se rendit avec quelques avrekhim (étudiants) de la Yechiva Porat Yosef pour étudier la Torah avec le gaon Rabbi Shimshon Polanski (photo à droite) et profiter de son incroyable bekiout (vaste connaissance de la Torah). Rabbi Shimshon leur posa une difficulté (kouchia) sur les paroles de Maran, le Beit Yosef, dans les Hilkhot Pessa’h. Lorsqu’ils ne trouvèrent pas de réponse, l’un des avrekhim dit que Maran, le Beit Yosef, n’avait pas été précis (lo diyek) dans ses paroles. Lorsque Rabbi Shimshom entendit cela, il s’évanouit. Il fallut l’aider à reprendre connaissance. Après avoir repris connaissance, il dit : « Comment un ben Torah de notre époque peut-il dire une chose pareille au sujet de Maran, le Beit Yosef ? » Il fut profondément peiné d’avoir entendu de telles paroles.
Incidemment, Rabbi Ben Tzion Abbah Shaul (photo à droite) me raconta également que, parmi les avrekhim de la Yechiva Porat Yosef dans la Vieille Ville de Jérusalem, se trouvait un certain avrekh qui possédait une maîtrise extraordinaire de la Kabbale et des Kavanot (intentions kabbalistiques) du Rashash. Il dit à ses camarades : « Je vais transgresser le serment et je vais faire entrer le Saint béni soit-Il dans la Jérusalem d’En-Haut, et immédiatement la Guéoula (rédemption) arrivera. »
(l’explication est que nos Sages ont dit que D.ieu avait juré qu’Il n’entrerait pas dans la Jérusalem d’En-Haut tant que le peuple juif ne serait pas entré dans la Jérusalem d’En-Bas, c’est-à-dire au moment de la Guéoula (rédemption). Nos Sages ont également dit que D.ieu fit jurer au peuple juif trois serments, dont l’un était de ne pas précipiter ou forcer le temps de la Rédemption. Le secret de cette chose est qu’il existe des Noms sacrés sur lesquels on peut porter son intention pendant la prière, mais sans porter d’intention sur leurs voyelles. Car si l’on porte également son intention sur leurs voyelles, cela aura pour effet de faire entrer le Saint béni soit-Il dans la Jérusalem d’En-Haut et, puisqu’Il a juré de ne pas entrer dans la Jérusalem d’En-Haut avant la Guéoula, il s’ensuit nécessairement que, par ces intentions, la Rédemption arrivera immédiatement. C’est pourquoi D.ieu fit jurer au peuple juif de ne pas précipiter ou forcer la fin des temps au moyen de ces Noms sacrés avec leurs voyelles. Ainsi, lorsque les kabbalistes prient la prière de la Amidah, ils s’abstiennent de porter leur intention sur ces Noms sacrés avec leurs voyelles, afin de ne pas transgresser le serment).
Cet avrekh voulait porter son intention sur ces Noms sacrés dans la prière de la Amidah avec leurs voyelles. Il se tint dans l’une des synagogues des Shtieblach du quartier de « Beit Yisrael » et commença à réciter la Amidah, vêtu de son talit et portant ses téfilines, avec l’intention de porter son attention sur les Noms sacrés avec leurs voyelles. Immédiatement, il tomba à terre et mourut. Que Hach-em nous en préserve. La Torah est vérité, l’Arizal est vérité.
- [2] https://en.wikipedia.org/wiki/German_casualties_in_World_War_II
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